Vaïté Corin.Avocate à la Cour
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Droit des étranger·e·s

Contester une OQTF

Comprendre ce que contient l’arrêté, agir dans le délai, constituer un dossier qui prouve votre situation. Y compris le refus de visa, qui suit une voie à part.

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01Décision

Ce que contient l’arrêté

Une obligation de quitter le territoire n’est presque jamais une décision isolée. C’est un arrêté qui en contient plusieurs, et chacune se conteste, avec ses propres moyens.

Articles L. 611-1 à L. 615-1, L. 612-1 à L. 612-11 et L. 721-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

La décisionCe qu’elle faitCe qui se discute
Refus de séjourRejette votre demande de titreIl sert de fondement à l’obligation de quitter : le faire tomber la fait tomber
Obligation de quitter le territoireVous oblige à partirExamen de votre situation, vie privée et familiale, motivation, compétence
Délai de départ volontaireTrente jours en principe, parfois refuséLe refus suppose un des trois motifs de la loi
Pays de renvoiDésigne le pays où vous seriez éloigné·eRisques encourus dans ce pays, article 3 de la Convention européenne
Interdiction de retourVous interdit de revenir, jusqu’à cinq ans, dix ans en cas de menace graveDurée, motivation des quatre critères, proportionnalité
Assignation à résidence ou rétentionVous contraint pendant l’exécutionNécessité de la mesure, et surtout : elle raccourcit vos délais

Une décision d’éloignement ne peut plus être exécutée de force si elle a été édictée depuis plus de trois ans. Passé ce délai, ni la rétention ni l’assignation à résidence ne sont possibles sur son fondement.

Les six cas où la préfecture peut prendre une OQTF

Entrée irrégulière sur le territoire ; visa expiré ou maintien au-delà de trois mois sans titre ; refus, refus de renouvellement ou retrait du titre, ou absence de demande de renouvellement ; rejet définitif d’une demande d’asile ; menace pour l’ordre public d’une personne ne résidant pas régulièrement depuis plus de trois mois ; exercice d’un travail sans autorisation.

Point important : un séjour irrégulier n’oblige pas la préfecture à prendre une obligation de quitter le territoire. Le texte l’y autorise, il ne le lui impose pas, sauf interdiction judiciaire du territoire. Depuis la loi du 26 janvier 2024, elle est en revanche obligatoire après le rejet définitif d’une demande d’asile.

Qui ne peut pas faire l’objet d’une OQTF

La loi du 26 janvier 2024 a supprimé la liste des neuf catégories protégées. Seuls les mineurs bénéficient encore d’une protection légale par eux-mêmes. Pour tous les autres, la protection est passée d’une application automatique à un examen au cas par cas.

Ce qui subsiste, et qui reste décisif : une personne qui doit se voir délivrer de plein droit un titre de séjour ne peut pas faire l’objet d’une mesure d’éloignement. Sont notamment concernés l’étranger·e arrivé·e en France avant treize ans et y résidant habituellement, le parent d’un enfant français, le·la conjoint·e de Français·e, le·la titulaire d’une rente d’accident du travail, et la personne gravement malade. Encore faut-il que les conditions du titre soient effectivement réunies : il ne suffit pas d’affirmer qu’un titre pourrait être délivré.

Le défaut de vérification de ce droit au séjour par la préfecture avant de décider constitue un vice de procédure.

Le délai de départ volontaire, et le risque de fuite

Le principe est de trente jours. Il peut être allongé à titre exceptionnel, en considération de circonstances propres à votre situation : fin d’études, scolarité d’un enfant, contrat de travail, prise en charge médicale. Le juge n’exerce ici qu’un contrôle de l’erreur manifeste.

Il ne peut être refusé que dans trois cas : menace pour l’ordre public, demande de titre manifestement infondée ou frauduleuse, et risque de soustraction à la mesure. Ce risque est présumé dans huit situations énumérées par la loi, mais la présomption n’est pas irréfragable : une circonstance particulière peut la renverser.

02Délais

Le délai pour agir, et devant qui

Le délai dépend de votre situation au moment de la notification, et non de ce que vous avez à dire. Il peut être d’un mois, de sept jours ou de quarante-huit heures.

Articles L. 614-1 à L. 614-4, L. 911-1, L. 921-1 et L. 921-2 du CESEDA. Loi du 26 janvier 2024.

Délais de recours devant le tribunal administratif
Votre situationDélai pour agirDélai de jugementFormation
OQTF avec un délai de départ volontaire1 mois6 moisFormation collégiale
OQTF sans délai de départ, sans assignation ni rétention1 mois6 moisFormation collégiale
Vous êtes assigné·e à résidence7 jours15 joursJuge unique
Vous êtes placé·e en rétention48 heures96 heuresJuge unique
Vous êtes détenu·e7 jours15 joursJuge unique
Les trois délais, à la même échelle 0 7 j 15 j 30 j Vous êtes en rétention 48 heures Assigné·e à résidence, ou en détention 7 jours Dans les autres cas 1 mois Le délai d’un mois est franc. Les deux autres se comptent d’heure à heure, week-ends et jours fériés compris.

Le délai d’un mois est franc. Les délais de sept jours et de quarante-huit heures ne le sont pas : ils se comptent d’heure à heure, ne sont pas reportés au lundi lorsqu’ils expirent un samedi, un dimanche ou un jour férié, et ne sont prorogés par rien. Le Conseil d’État a jugé irrecevable une requête déposée avec dix-sept minutes de retard.

En Martinique, le recours suspend l’éloignement de plein droit. Vous ne pouvez pas être éloigné·e tant que le tribunal n’a pas statué. Il n’en va pas de même en Guadeloupe, en Guyane, à Mayotte, à Saint-Barthélemy et à Saint-Martin, où le recours contre une OQTF sans délai n’est pas suspensif de plein droit : il faut l’assortir d’une demande de suspension.

Articles L. 651-1 à L. 651-8, L. 652-3 et L. 653-3 du CESEDA. Les recours formés en Martinique sont régis par les dispositions applicables dans l’Hexagone.

Ce qui ne proroge pas le délai, et ce qui le proroge

Un recours gracieux auprès de la préfecture ne proroge pas le délai. Une demande d’aide juridictionnelle ne le proroge pas non plus dans les régimes de sept jours et de quarante-huit heures. Elle le proroge en revanche dans le régime d’un mois, à condition d’être déposée au plus tard en même temps que la requête, et non en cours d’instance : le délai repart alors au quinzième jour suivant la notification de la décision du bureau d’aide juridictionnelle.

Le délai ne court pas si la notification était irrégulière : absence d’interprète alors que sa présence était nécessaire pour comprendre les voies et délais, non-enregistrement d’une requête pourtant transmise, impossibilité matérielle liée aux conditions de rétention ou d’incarcération, ou information incomplète sur les effets d’un recours administratif.

Une notification irrégulière empêche le délai de courir, mais elle ne rend pas l’arrêté illégal. Et même sans mention des voies de recours, l’action devient en principe irrecevable au-delà d’un an.

Si votre situation change en cours d’instance

Le régime suit votre situation. Si vous êtes assigné·e à résidence après avoir saisi le tribunal, le jugement intervient dans les quinze jours ; si vous êtes placé·e en rétention, dans les cent quarante-quatre heures, et l’affaire bascule devant un juge unique. Symétriquement, si le délai d’un mois n’est pas expiré, la préfecture doit vous informer qu’il est interrompu et que vous disposez désormais de sept jours ou de quarante-huit heures.

Et si la rétention ou l’assignation prend fin pour quelque raison que ce soit, l’affaire revient devant la formation collégiale.

Le référé, l’appel et la cassation

Le référé-suspension et le référé-liberté sont fermés contre l’obligation de quitter le territoire, précisément parce que le recours au fond suspend déjà l’exécution. Ils restent ouverts dans trois cas : contre le refus de séjour contesté séparément, où l’urgence est présumée en cas de refus de renouvellement ou de retrait ; en cas de changement de circonstances rendant les effets de la mesure excessifs ; et en cas d’exécution anticipée pendant l’instance, le juge pouvant alors ordonner le retour en France aux frais de l’État.

L’appel se forme dans le mois de la notification du jugement, devant la cour administrative d’appel, avec un avocat obligatoire. Il n’est pas suspensif : vous pouvez être éloigné·e pendant son examen, sauf à obtenir un sursis à exécution. Le jugement a d’ailleurs force exécutoire dès sa lecture, avant même sa notification.

Si le délai est déjà passé

Deux voies subsistent. Si la notification était irrégulière, le délai n’a jamais commencé à courir : absence d’interprète alors qu’il était nécessaire pour comprendre les voies de recours, impossibilité matérielle liée aux conditions de rétention ou d’incarcération, information incomplète sur les effets d’un recours.

Et vous pouvez toujours demander à la préfecture d’abroger la mesure, en expliquant ce qui a changé depuis. Le Conseil d’État a jugé en novembre 2025 que le refus d’abroger n’est pas une simple confirmation, qu’il doit être motivé, et qu’il rouvre un délai de recours. C’est souvent la seule porte encore ouverte.

03Preuves

Constituer votre dossier

Un recours ne se gagne pas en racontant sa situation, mais en la prouvant. Le tribunal ne connaît de vous que ce qui figure au dossier : ce que vous n’avez pas justifié n’existe pas pour lui.

Article L. 613-1 du CESEDA. Article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme. Article 3-1 de la Convention internationale des droits de l’enfant.

Par exemple :

Vous vivez en France depuis des années
Une preuve par mois, au minimum, pour chaque année
Vos enfants sont scolarisés ici
Certificats de scolarité, bulletins, attestations des enseignant·es, contribution à l’entretien et à l’éducation, etc.
Vous travaillez, ou on veut vous embaucher
Bulletins de paie, contrat, promesse d’embauche, attestation de l’employeur·se
Vous êtes soigné·e en France
Certificats médicaux, ordonnances, suivi hospitalier
Vous vous occupez d’un proche
Certificat du médecin, attestation de la personne aidée, preuve de la vie commune

Le taux d’annulation des obligations de quitter le territoire est inférieur à dix pour cent. Ce qui fait la différence n’est presque jamais un argument juridique inédit, mais un dossier documenté mois par mois, remis dans le délai.

Prouver votre présence, mois par mois

Le tribunal veut des traces datées et continues. Comptez une pièce par mois au minimum, pour chaque année de présence : quittances de loyer ou attestation d’hébergement, factures d’électricité ou d’eau, avis d’imposition même à zéro, relevés bancaires, bulletins de paie, ordonnances et rendez-vous médicaux, certificats de scolarité des enfants, courriers officiels reçus à votre adresse, titres de transport, adhésions associatives.

Un trou de plusieurs mois est précisément ce que la préfecture exploite : elle en déduira que vous aviez quitté la France, et fera repartir le compte de votre présence à votre retour supposé. Une pièce modeste chaque mois vaut donc mieux qu’une liasse impressionnante concentrée sur un trimestre.

Les attestations de proches doivent être manuscrites, datées, signées, et accompagnées d’une copie de la pièce d’identité de leur auteur·e.

Ce que la préfecture aurait dû regarder

Avant de décider, la préfecture doit examiner votre situation dans son ensemble, et pas seulement le motif de votre demande : vos enfants, votre vie privée et familiale, votre état de santé. La loi lui impose de tenir compte de la durée de votre présence en France, de la nature et de l’ancienneté de vos liens avec la France, et des considérations humanitaires.

Quand l’arrêté se contente d’une formule passe-partout, identique pour tout le monde, c’est le signe que cet examen n’a pas eu lieu. C’est l’un des motifs d’annulation les plus fréquents, et il se démontre en produisant tout ce que la préfecture avait entre les mains et n’a manifestement pas lu.

Si vous n’avez jamais pu déposer votre demande

Une personne qui justifie avoir déposé sa demande ne peut être ni regardée comme en situation irrégulière, ni éloignée, même si le récépissé ne lui a pas été remis. Et lorsque la prise de rendez-vous en ligne est impossible, le juge peut ordonner à la préfecture de vous en fixer un, à condition que vous prouviez des tentatives restées vaines.

Conservez systématiquement les captures d’écran datées, les heures de connexion et les messages d’erreur : c’est sur vous que pèse la preuve.

Ce qui pèse le plus devant le tribunal

L’ancienneté et la réalité de vos attaches en France comptent davantage que les grands principes. Sont régulièrement retenus : un parcours scolaire remarquable, l’assistance indispensable à un proche malade ou invalide, un état de santé nécessitant des soins, une grossesse, un risque de mariage forcé.

Autant le dire franchement : l’intérêt supérieur de l’enfant, invoqué seul, est presque toujours écarté, et la vie privée et familiale, qui est le moyen le plus soulevé, est aussi celui dont le taux de succès est le plus surestimé.

Ce que vous pouvez dire avant la décision

Le droit de l’Union vous garantit de pouvoir présenter des observations écrites et, si vous le demandez, orales, avant que la préfecture ne décide. Ce droit est toutefois considéré comme satisfait par les échanges qui ont eu lieu lors de votre demande de titre. Écrire à la préfecture pour signaler un fait nouveau, avant l’arrêté, reste donc utile : cela vous constitue une preuve datée.

04Interdiction

L’interdiction de retour et le pays de renvoi

Deux décisions de l’arrêté produisent les effets les plus durables : celle qui vous interdit de revenir, et celle qui désigne le pays vers lequel vous seriez renvoyée.

Articles L. 612-6 à L. 612-11, L. 613-8, L. 613-9, L. 721-4 et L. 721-5 du CESEDA.

Interdiction de retour sur le territoire français
SituationCaractèreDurée maximale
Aucun délai de départ volontaire accordéObligatoire5 ans
Maintien en France au-delà du délai accordéObligatoire5 ans
Délai de départ respecté ou non expiréFacultative5 ans
Menace grave pour l’ordre publicSelon le cas10 ans

La durée court à compter de votre départ effectif, et non de la notification. Des circonstances humanitaires permettent d’écarter l’interdiction, y compris lorsqu’elle est en principe obligatoire.

Les quatre critères que la préfecture doit motiver

La durée de votre présence en France, la nature de vos liens avec la France, leur ancienneté, et l’existence d’une menace pour l’ordre public. La préfecture doit tenir compte des quatre, sans se limiter à l’un d’eux, et la motivation doit énoncer les considérations de droit et de fait propres à chacun, de sorte que vous puissiez en connaître les motifs à la seule lecture de l’arrêté. C’est l’un des rares terrains où les annulations sont fréquentes.

Si l’obligation de quitter le territoire n’a jamais été notifiée, le délai de départ n’a pas couru et l’interdiction de retour ne peut pas être édictée.

Faire lever une interdiction de retour

Elle est abrogée de plein droit lorsque vous avez quitté la France dans les deux mois suivant l’expiration du délai de départ, sauf circonstances particulières tenant à votre comportement. Elle peut aussi être abrogée à tout moment par la préfecture, et elle est réexaminée d’office tous les cinq ans.

Une demande d’abrogation reste possible, mais le Conseil d’État exige que vous résidiez alors hors de France pour que le recours contre le refus soit recevable, alors même que la loi ne pose pas cette condition.

Le pays de renvoi

C’est une décision distincte, qui doit être explicitement motivée : il ne suffit pas d’affirmer qu’elle ne contrevient pas aux articles 3 et 8 de la Convention européenne. Aucun éloignement n’est possible vers un pays où votre vie ou votre liberté seraient menacées, ou qui vous exposerait à des traitements inhumains ou dégradants.

La preuve vous incombe, mais elle est partagée : le juge n’exige pas une preuve certaine, et l’administration doit dissiper les doutes. Le risque doit toutefois être individualisé, une situation d’insécurité générale ne suffisant pas. La préfecture ne peut pas se retrancher derrière la décision de l’Ofpra ou de la Cour nationale du droit d’asile : elle doit exercer sa propre appréciation.

Deux pièges. Les risques encourus dans le pays de retour ne peuvent pas être invoqués contre l’obligation de quitter le territoire elle-même, seulement contre la décision fixant le pays. Et si vous n’attaquez que cette dernière alors qu’elle vous a été notifiée en même temps que l’arrêté, votre recours n’est pas suspensif.

Le refus de visa pendant cinq ans

Une obligation de quitter le territoire non exécutée peut fonder un refus de visa pendant cinq ans. Le Conseil constitutionnel a assorti ce dispositif de deux réserves en avril 2026 : il ne peut pas porter une atteinte disproportionnée au droit de mener une vie familiale normale, et il cesse de s’appliquer si la mesure a été retirée, annulée ou abrogée.

05Visas

Contester un refus de visa

Un refus de visa ne se conteste pas directement devant le juge. Il faut d’abord passer par un recours administratif obligatoire, dans un délai de trente jours.

Articles D. 312-3 à D. 312-8-1 du CESEDA. Article R. 312-18 du code de justice administrative.

01RefusConsulat, ou refus d’autorisation de voyage
02Recours obligatoireTrente jours à compter de la notification
03RéponseDeux mois de silence valent rejet
04Tribunal de NantesCompétent pour toute la France
05RéféréPossible sans attendre la réponse

Deux autorités, à ne pas confondre : le refus de visa de long séjour se conteste devant la commission de recours contre les décisions de refus de visa, le refus de court séjour et le refus d’autorisation de voyage devant le sous-directeur des visas. Une erreur d’aiguillage fait perdre le délai.

Ce que le recours peut, et ne peut pas

Le délai est de trente jours à compter de la notification du refus. Ce n’est pas un délai franc, mais il est reporté au premier jour ouvrable s’il expire un samedi, un dimanche ou un jour férié. Une notification irrégulière le rend inopposable, sous réserve d’agir dans un délai raisonnable.

Vous ne pouvez que critiquer les motifs qui vous ont été opposés. Demander le visa pour un autre motif suppose de déposer une nouvelle demande au consulat.

La décision de l’autorité de recours se substitue à celle du consulat, et peut retenir des motifs entièrement nouveaux. Contester devant le tribunal le raisonnement du consulat est donc inopérant.

Les refus les plus souvent censurés

Le·la conjoint·e de Français·e a droit à un visa de long séjour, qui ne peut être refusé qu’en cas de fraude, d’annulation du mariage ou de menace à l’ordre public, la menace devant être actuelle et grave, et la preuve de la fraude incombant à l’administration.

En regroupement familial autorisé par le préfet et en réunification familiale des réfugié·es, l’illégalité du refus est présumée : seuls des motifs d’ordre public peuvent le fonder. Les actes établis par l’Ofpra ont valeur d’actes authentiques, que les autorités consulaires ne peuvent pas contester hors le cas de fraude.

Le risque migratoire, enfin, ne peut pas être opposé à une demande de visa de long séjour, y compris visiteur.

Le référé, et la condition d’urgence

Le référé-suspension peut être saisi sans attendre que l’autorité de recours ait statué, dès lors que le recours obligatoire a été exercé et que sa copie est produite. L’urgence n’est en principe pas présumée, même lorsque des considérations familiales sont en jeu. Elle a été admise pour un enfant recueilli par kafala, pour une séparation entre un parent réfugié et ses enfants, ou lorsqu’une comparution personnelle à une audience est obligatoire. Elle est présumée pour les visas étudiants.

Le refus d’entrée à la frontière

Il est écrit, motivé, notifié en main propre dans une langue que vous comprenez, avec le droit d’avertir un tiers, votre consulat ou un conseil. Le jour franc est accordé sur demande, et de plein droit pour les mineur·es non accompagné·es, mais il ne s’applique ni à Mayotte ni aux frontières intérieures. Le recours n’est pas suspensif, et le maintien en zone d’attente ne peut excéder vingt-six jours.

06Cabinet

Ce que fait le cabinet

Le cabinet intervient sur l’ensemble du contentieux de l’entrée, du séjour et de l’éloignement.

Recours contre les obligations de quitter le territoire, refus de titre, refus de visa, interdictions de retour, rétention et demandes d’asile.

Les délais courent dès la notification et ne se rattrapent pas. Un dossier examiné le jour même vaut mieux qu’un dossier parfait examiné trois jours plus tard : c’est souvent le seul paramètre sur lequel il reste possible d’agir. En rétention, le délai est de quarante-huit heures et rien ne l’interrompt, pas même une demande d’aide juridictionnelle.

Le cabinet intervient en Martinique, en Guadeloupe, à Saint-Martin, en Guyane et devant les juridictions hexagonales, y compris devant le tribunal administratif de Nantes pour les refus de visa.

Si la démarche porte sur une demande de titre plutôt que sur un éloignement, voir titre de séjour et régularisation. En cas de refus de naturalisation, voir naturalisation refusée ou ajournée.

Ces informations sont générales et ne remplacent pas l’examen d’une situation particulière. Le régime applicable dépend de votre nationalité, du fondement de votre demande, de votre situation au moment de la notification et du territoire où la mesure a été prise.

07Questions

Questions fréquentes

Combien de temps ai-je pour contester une OQTF ?

Un mois si aucune mesure de surveillance ne vous a été notifiée, sept jours si vous êtes assigné·e à résidence ou détenu·e, quarante-huit heures si vous êtes placé·e en rétention. Le délai d’un mois est franc, les deux autres ne le sont pas : ils se comptent d’heure à heure et ne sont pas reportés au lundi lorsqu’ils expirent un week-end ou un jour férié. Le Conseil d’État a jugé irrecevable une requête déposée avec dix-sept minutes de retard. Appelez le jour même de la notification.

Le recours suspend-il l’éloignement ?

En Martinique, oui, de plein droit : vous ne pouvez pas être éloigné·e tant que le tribunal n’a pas statué. Ce n’est pas le cas partout outre-mer. En Guadeloupe, en Guyane, à Mayotte, à Saint-Barthélemy et à Saint-Martin, le recours contre une obligation de quitter le territoire sans délai de départ n’est pas suspensif : il faut l’assortir d’une demande de suspension. L’appel, lui, n’est jamais suspensif.

Une demande d’aide juridictionnelle me laisse-t-elle plus de temps ?

Cela dépend du régime. Dans le délai d’un mois, elle proroge le délai, à condition d’être déposée au plus tard en même temps que la requête, et non en cours d’instance. Dans les délais de sept jours et de quarante-huit heures, elle ne proroge rien du tout. En rétention, en revanche, un avocat peut vous être commis d’office à votre demande, avant le début de l’audience.

Le délai est passé, puis-je encore faire quelque chose ?

Deux voies subsistent. Si la notification était irrégulière, le délai n’a pas couru : absence d’interprète alors qu’il était nécessaire pour comprendre les voies de recours, impossibilité matérielle liée aux conditions de rétention, information incomplète. Et vous pouvez toujours demander à la préfecture d’abroger la mesure : le Conseil d’État a jugé en novembre 2025 que le refus d’abrogation doit être motivé et rouvre un délai de recours.

Que se passe-t-il si le tribunal annule l’OQTF ?

La préfecture doit vous remettre une autorisation provisoire de séjour jusqu’à ce qu’il soit statué sur votre situation, et réexaminer votre dossier au regard des motifs retenus par le juge, sans que vous ayez à déposer une nouvelle demande. Depuis 2024, le juge qui annule l’obligation de quitter le territoire peut aussi statuer sur le refus de séjour et ordonner la délivrance du titre correspondant à votre situation.

Existe-t-il encore des catégories protégées ?

La loi du 26 janvier 2024 a supprimé la liste des neuf catégories qui ne pouvaient pas faire l’objet d’une mesure d’éloignement. Seuls les mineurs restent protégés par la loi elle-même. Ce qui demeure, et qui reste décisif, c’est qu’une personne à qui un titre doit être délivré de plein droit ne peut pas être éloignée : arrivé·e en France avant treize ans, parent d’un enfant français, conjoint·e de Français·e, personne gravement malade. Encore faut-il que les conditions soient effectivement réunies.

Je vis en France depuis longtemps, est-ce suffisant ?

Ce n’est pas suffisant à soi seul, mais c’est un élément que la préfecture doit prendre en compte : la loi lui impose de tenir compte de la durée de votre présence, de la nature et de l’ancienneté de vos liens avec la France, et des considérations humanitaires. Beaucoup d’arrêtés sont annulés parce que cet examen n’a manifestement pas eu lieu, la décision se contentant d’une formule générale. Le taux d’annulation reste toutefois inférieur à dix pour cent : mieux vaut le savoir.

Mon visa a été refusé, puis-je saisir directement le tribunal ?

Non. Un recours administratif préalable est obligatoire, dans les trente jours de la notification, devant la commission de recours pour un visa de long séjour, ou devant le sous-directeur des visas pour un court séjour et une autorisation de voyage. Sans lui, le recours au tribunal administratif de Nantes est irrecevable. Le silence gardé pendant deux mois vaut rejet.

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Facultatif. Convocation, OQTF, avis à victime, ordonnance, ou photo d’un courrier. Un seul fichier, en PDF, JPEG, PNG ou HEIC, 8 Mo au maximum.

Les informations transmises servent uniquement à traiter votre demande et ne sont communiquées à personne. Cet échange est couvert par le secret professionnel.

Si vous êtes en rétention ou détenu·e, faites appeler le cabinet par un proche ou par l’association présente au centre : le délai ne s’interrompt pas.